vendredi 15 mars 2013

Biographie de Abdoulaye WADE


Abdoulaye Wade, né le 29 mai 1926 à Kébémer mais déclaré à Saint-Louis pour bénéficier du statut de citoyen français, est un homme politique sénégalais. Chef du parti libéral, et candidat aux élections présidentielles à partir de 1978, il est président de la République du Sénégal depuis le 1er avril 2000 jusqu'au 25 Mars 2012.

En 1947, il obtient le Diplôme de fin d'études à l'École normale William Ponty à Sébikotane.

Entre 1951 et 1952, il suit un cursus mathématique en France (mathématiques élémentaires et supérieures au lycée Condorcet, Paris 9e).

De 1952 à 1953, il obtient plusieurs certificats dans différentes facultés de l'Université de Besançon.

Il est aussi titulaire d'un doctorat en droit et sciences économiques de l'Université de Grenoble. Soutenue en 1959, sa thèse s'intitule Économie de l'Ouest africain : unité et croissance. Wade pratique brièvement le métier d'avocat en France avant de rentrer au Sénégal pour plaider au barreau de Dakar et enseigner à l'Université.

En 1973, Abdoulaye Wade est responsable local au Parti socialiste.

En 1974, Wade forme le Parti démocratique sénégalais (PDS) et est élu à l'Assemblée nationale en 1978.

Le 15 mai 1993, Abdoulaye Wade ainsi que trois membres de son parti sont arrêtés, soupçonnés d’avoir commandité l’assassinat de Me Babacar Seye, alors vice-président du Conseil constitutionnel qui est chargé de la proclamation des résultats de l’élection législative de février 1993. Ils seront relâchés trois jours plus tard par manque de preuves. Ces accusations furent l’objet de l’ouvrage intitulé Affaire Me Seye : un meurtre sur commande du journaliste-écrivain sénégalais Abdou Latif Coulibaly, livre qui fut censuré au Sénégal. En février 2002, Wade accorda la grâce aux 3 meurtriers de Me Seye et est soupçonné d’avoir indemnisé la famille de ce dernier.

Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1978, 1983, 1988 et 1993, avant de finalement remporter le scrutin de 2000 face au président sortant Abdou Diouf.

Lors de l'élection présidentielle de 2000, il obtient 31 % des suffrages au premier tour contre 41,3 % au président sortant, Abdou Diouf. C'est grâce aux voix de Moustapha Niasse qu'il obtient 58,1 % au second tour du scrutin. Il a pour directeur de campagne Idrissa Seck, qui deviendra Premier ministre en 2002.

Jusqu'à la victoire du PDS allié à l'alliance de Moustapha Niasse, Wade doit cohabiter avec une Assemblée nationale socialiste dont Abdourahim Agne est le président du groupe parlementaire.

Lors de l'élection présidentielle du 25 février 2007, Wade est réélu, dès le premier tour, face à 14 candidats, avec 55,79 % des voix.

De 1974 à 1980, il est député à l'Assemblée nationale.

D'avril 1991 à octobre 1992, il est ministre d'État auprès du président de la République du Sénégal Abdou Diouf dans le gouvernement d'union nationale.

De 1995 à 1997, il réoccupe le poste de ministre d'État auprès du président de la République du Sénégal dans le gouvernement de Habib Thiam.

Depuis avril 2000, il est le 3e président de la République du Sénégal.

Le 1er avril 2000, Abdoulaye Wade est investi président de la République du Sénégal.

En 2000, l'une des premières décisions du président nouvellement élu consiste à dissoudre le Sénat et le Conseil économique et social pour des raisons d'économies et leur inutilité. En mai 2007, le président Wade redonne vie à ces deux institutions, un choix très contesté par l'opposition et l'opinion publique, d'autant plus que les 65 membres du Sénat ont été choisis par Wade lui-même.

Wade est l'un des principaux promoteurs du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), un projet panafricain visant à faire entrer l'Afrique dans le commerce mondial et à se libérer de l'assistanat.

En 2001, une nouvelle Constitution établit un mandat quinquennal (5 ans) (auparavant le mandat était septennal, soit 7 ans) à partir de la fin du mandat actuel du président Wade.

En 2008, la durée du mandat est ramenée à 7 ans.

Depuis 2000, le président Wade a nommé cinq Premiers ministres, quatre présidents de l'Assemblée nationale, trois chefs d'état-major généraux des armées et plus d'une centaine de ministres, dont certains ne sont restés en poste que quelques mois. Le président Wade a promu plus de généraux pendant sept ans que Abdou Diouf et Senghor pendant 40 ans. Des traditions ont été rompues en nommant un commandant des pompiers au grade de général, un chef d’état-major particulier du président de la République issu de la gendarmerie, un général nommé à l'intendance.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Wade a plusieurs fois modifié la constitution sans aucune consultation ni validation des chambres parlementaires. Le paysage politique est devenu particulièrement instable avec de nombreuses allées et venues entre les partis politiques. Les principaux cadres du parti au pouvoir, le PDS, ont été progressivement écartés (Idrissa Seck, Macky Sall[2]...). La question de la future succession[3] d’Abdoulaye Wade, réélu à 80 ans, apparaît en filigrane dans le débat politique actuel, alimenté notamment par les spéculations sur les intentions de son fils Karim Wade[4].

On assiste aussi depuis quelques années au Sénégal à un recul prononcé des libertés individuelles : journalistes emprisonnés[5], manifestations sauvagement réprimées, gardes à vue et convocations fréquentes devant les tribunaux.

La situation économique du pays connaît une détérioration en 2008[6]et la dette publique atteint 21,4%[7] en 2008. La croissance connaît également un ralentissement : elle atteint 2,5% en 2008, contre 4,3% en moyenne pondérée sur les dernières années[8].

Cette détérioration entraîne des troubles liés à la "vie chère"[9]. Le FMI note que "Le choc engendré par l’augmentation des prix des aliments et de l'énergie a eu un impact sur la balance des paiements qui représentait 5¼ % du PIB en 2008"[10]. Ces problèmes sont aggravés par les retards de paiement du secteur public[11].

Un incident diplomatique public en mai 2010[12], puis les câbles de la diplomatie américaine révélés par Wikileaks en décembre 2010[13] montrent que les soupçons de corruption sur la famille et les proches d'Abdoulaye Wade alertent l'administration américaine, qui ne parvient pas à obtenir de lui une réaction contre la corruption. Les mêmes câbles décrivent une atmosphère de fin de règne dominé par le souci d'« ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique ».

Abdoulaye Wade est marié à une Française, Viviane Vert, et père de deux enfants, Karim et Sindiély.

Sa fille Sindiély, assistante spéciale du chef de l'État, a participé au rallye Paris-Dakar en 2005 en tant que pilote automobile.

Son fils Karim, ancien président de l'Agence nationale pour l'Organisation de la conférence islamique[14], fait ses premiers pas dans un gouvernement en étant nommé, le 1er mai 2009, ministre d'État chargé de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures.

Abdoulaye Wade est également l'oncle de Doudou Wade, président du groupe parlementaire de la majorité.

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Distinctions et décorations
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Le président Abdoulaye Wade est titulaire de plusieurs décorations nationales et étrangères.

* Grand Croix de l’Ordre National du Lion
* Grand Officier de la Légion d'honneur (France)
* Commandeur de l’Ordre du Mérite (Sénégal)

En juillet 2003, il a reçu la Médaille d’or Henry Sylvester William (premier intellectuel noir à imaginer un mouvement panafricain) pour la renaissance africaine (Trinidad et Tabago).

L’Académie Royale de l’Université de Rabat (Maroc) a élevé le président Abdoulaye Wade au rang de docteur honoris causa.

Il a été également fait Docteur honoris causa de l’Université Mohammed V de Rabat. Titre accordé pour la première fois à une personnalité étrangère.

Le 21 octobre 2002, Me Abdoulaye Wade est fait Docteur Honoris Causa de l'Université d'Auvergne sur invitation de M. Patrick Guillaumont, président du Centre d'étude et de recherche sur le développement international[15].

Le 13 juin 2005, la distinction « Don de la Terre » est remise au Sénégal, elle illustre à quel point le chef de l’État, Abdoulaye Wade, est engagé sur tous les aspects liés à l’environnement et à l’humanité tout entière pour le bien-être des populations dans le monde. Il a reçu cette distinction de Dr. Claude Martin, Directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Le 16 mai 2006, Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, et Henry Kissinger, ancien Secrétaire d’État américain et Prix Nobel de la paix, ont remis au siège de l’Organisation le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 2005 au président sénégalais Abdoulaye Wade. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs chefs d’État : Jacques Chirac (France), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), Olusegun Obasanjo (Nigeria), Mamadou Tandja (Niger), Marc Ravalomanana (Madagascar), Amadou Toumani Touré (Mali), João Bernardo Vieira (Guinée-Bissau), Jakaya Kikwete (Tanzanie). D’autres personnalités politiques étaient également présentes, notamment Adbou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie et ancien président du Sénégal, et Henri Konan Bédié, ancien président de la Côte d'Ivoire, tous deux parrains du prix, le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Amr Moussa, et le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.

Le 17 mai 2006 à Genève, le Prix mondial de la Société de l’information est décerné au président de la République, Me Abdoulaye Wade, et à Tim Berners Lee, l’inventeur du web. Il est remis à l’occasion de la Journée internationale des télécommunications.

Le président de la République Me Aboulaye Wade a reçu une distinction à l’occasion de la 37e édition de la Foire internationale de l’artisanat et de la culture d’Indiana dénommée Indiana Black Expo.

Abdoulaye Wade a été élevé au rang de Citoyen d'honneur de la ville de Lyon et a reçu le titre docteur honoris causa de l'Université de Lyon le 19 mars 2005. Il est également docteur honoris causa de l'Université de Franche-Comté.

Le 24 juin 2008, Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, se voit décerner le Prix International des Communications de l’Université Paris-Dauphine.

Le 30 mars 2009, Abdoulaye Wade reçoit le titre de docteur honoris causa de la Faculté de droit de Montpellier.

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Œuvres
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En mai 2008, il publie à Paris un livre d'entretiens avec deux journalistes. Cette autobiographie dans laquelle il retrace sa longue carrière politique s'intitule Une vie pour l'Afrique[16].

* Appel à la nation, Parti Démocratique Sénégalais, Dakar, 1985?, 16 p.
* La doctrine économique du mouridisme, L'Interafricaine d'éditions, Dakar, 1970, 35 p. (d’abord publié dans les Annales de la Faculté de Droit et de Sciences Économiques de l'Université de Dakar en 1968)
* Économie de l'Ouest africain (zone franc) : unité et croissance, Présence africaine, Paris, 1964, 371 p. (thèse publiée)
* Quel avenir pour le Sénégal ? : la réponse du PDS, Parti démocratique sénégalais, Dakar, 1987, 29 p. (discours d'ouverture à la Convention nationale du PDS, Dakar, 15-17 janvier 1987)
* Un destin pour l'Afrique, Karthala, Paris, 1989, 190 p. (ISBN 2865372316) (avec l'Hymne de l'Afrique, chant et paroles de Abdoulaye Wade, p. 185-188)
* Les mathématiques de l'analyse économique moderne, Economica, 2007, 849 p. (ISBN 2717850953)
* Une vie pour l'Afrique (entretiens avec Jean-Marc Kalflèche et Gilles Delafon), Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2008, 330 p. (ISBN 978-2-7499-0503-7)

ME ABDOULAYE WADE Projet et misson ex president de la republique du senegal




Je m'engage

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Toute ma vie s'est conjuguée avec l'Histoire moderne de notre pays le Sénégal. J'ai foi en une société basée sur le droit et la justice sociale.

C'est la raison pour laquelle le conseil constitutionnel ayant validé ma candidature à l'élection présidentielle du 26 Février 2012, je confirme mon engagement au service de notre patrimoine commun, la République du Sénégal.

Dans un monde confronté à des mutations sans précédent, des défis immenses et complexes nous attendent. Je sais que les impatiences sont légitimes, parce qu'elles sont à la mesure des besoins et des espérances. Cependant, un changement durable requiert du temps d'autant qu'à l'évidence certains domaines de croissance sont véritablement en voie accélérée de maturation.

A cet égard, DES GRAINES SONT DEJA SEMÉES - nouveaux ponts, routes, écoles, lycées, universités, hôpitaux, centrales électriques, nouvel aéroport, modernisation du port, croissance de la production agricole, nouvelles infrastructures culturelles, économie verte émergente, libertés individuelle et collective ...

Si le peuple Souverain me redonne sa confiance et si Dieu continue à me donner la force et le souffle, je m'engage à parachever l'œuvre commune que nous avons largement entamée.

À la jeunesse de mon pays, je confirme ma volonté de placer la lutte contre le chômage au cœur des priorités de mon mandat. Je le dois aux sacrifices qu'elle a consentis à mes côtés pour l'avènement d'une démocratie majeure et l'émergence économique de notre cher pays.

En dépit de nos indéniables performances qui ont permis le passage au statut de Pays à Revenu Intermédiaire, je sais que nous devons faire plus et mieux pour une meilleure répartition des fruits de la croissance.

Je n'ai jamais cessé d'être attentif et d'être à l'écoute de ces préoccupations : c'est la raison pour laquelle la résolution volontariste de la question sociale constitue la pierre angulaire de mon programme. Sur le chemin de l'émergence qui demeure l'unique horizon de notre ambition collective, toute construction durable passe par une modernisation de nos institutions et de notre démocratie.

Je demeure convaincu que pour y arriver, nous aurons besoin de dirigeants adossés aux valeurs de solidarité, des Droits Humains, de tolérance, de patriotisme, de justice sociale.

Nous voici donc à quelques jours du scrutin présidentiel. J'invite tous les électeurs et toutes les électrices à exprimer leur choix, à exercer leur droit de vote dans la paix et la tolérance.

Croyez-moi : je suis en mesure de comprendre que les contradictions et les divergences qui rythment notre vie politique reflètent une richesse de notre démocratie, la respiration normale d'une démocratie représentative. C'est pourquoi je respecte et je tends l'oreille à ceux qui protestent pacifiquement, élèvent la voix et voudraient se faire entendre.

Assurément, la diversité des opinions demeure un atout précieux tant qu'elle reste dans le cadre du respect scrupuleux de la Loi et des Institutions.

Au demeurant, j'ai toujours encouragé l'émergence d'une société informée, responsable et citoyenne. Des citoyens sénégalais entreprenants qui choisissent librement leurs leaders et leurs modes de vie, des dirigeants qui respectent le choix du peuple – c'est en ce Sénégal que je crois.

J'ai consacré ma vie à notre pays et je crois profondément en ses valeurs et en son génie.

Nous avons encore du chemin à parcourir ensemble.

Tant que le peuple sera à mes côtés -c'est-à-dire VOUS CITOYENS SENEGALAIS- je m'engage à accomplir résolument mon serment de le servir jusqu'au bout.

Me Abdoulaye Wade

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Nelson Mandela quand il etait jeune
Nelson Mandela
Nelson Rolihlahla Mandela, très exactement. Né le 18 juillet 1918 dans l'ancien Bantoustan du Transkei à l'est de la province du Cap Oriental. Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa, était un chef des Thembu, un sous-groupe de l'ethnie Xhosa, la deuxième en importance, après les Zoulous.
Il obtient un diplôme en droit en 1942 à l'Université de Witwatersrand de Johannesburg et rejoint le Congrès national africain (ANC, parti à l'époque modéré de la bourgeoisie noire créé en 1912).
Il crée, avec Oliver Tambo qu'il avait rencontré à l'université de Fort Hare, le premier cabinet d'avocats noirs d'Afrique du Sud. En mars 1944, avec Oliver Tambo et Walter Sisulu, homme d'affaires de Johannesburg, ils créent la Ligue de la jeunesse de l'ANC (Youth League), histoire de dynamiser le mouvement. 
L'apartheid n'est pas encore "officialisé". Il le sera en 1948, avec l'arrivée au pouvoir de Daniel Malan. Mais à la même époque, les "jeunes" de la Youth League, Mandela et Tambo en tête, s'emparent de la direction de l'ANC. La longue lutte peut commencer. 
1950, manifestation contre l'assassinat de 18 Noirs et contre la loi qui bannit le communisme. 
1951, l'ANC lance officiellement une Campagne de défiance contre les lois iniques. 
En 1952, première arrestation et première condamnation à 9 mois de prison de Mandela pour non-respect des lois de l'apartheid et pour communisme. Il est finalement placé en liberté surveillée. La même année, il devient l'un des quatre vice-présidents de l'ANC. 
1955, une année clef : le 9 février, le gouvernement fait raser le quartier de Sophiatown dans la banlieue de Johannesburg, qualifié de foyer de "rebelles anti-apartheid". Les habitants sont déportés vers une nouvelle ville, Soweto. En juin, en congrès, l'ANC adopte sa Charte de la liberté, manifeste politique anti-apartheid. 
Le 5 décembre 1956, Mandela et 150 de ses compagnons sont accusés de trahison (un crime pouvant être sanctionné par la peine de mort), mais seront tous acquittés à l'issue d'un procès fleuve en ... 1961. 
Entre temps, le 21 mars 1960, a eu lieu le massacre de Sharpeville. La police sud-africaine tire sur les manifestants : 79 morts. L'ANC et le Congrès panafricain sont interdits par les autorités. Après Sharpeville, l'ANC et Mandela abandonnent la non-violence et fondent une organisation militaire, Umkhonto we Sizwe ("lance de la nation"), pour mener la lutte armée contre le pouvoir. 
Mandela est à nouveau arrêté en 1962, de retour d'un périple à l'étranger et condamné à 5 ans de prisons pour incitation à la grève et déplacement illégal. 
En 1963, il est cette fois inculpé avec d'autres leaders, de sabotage, trahison et complot. 
En mai 1964, s'ouvre le procès : "J'ai condamné le racisme toute ma vie, je le combats aujourd'hui et je le combattrai jusqu'à mon dernier souffle", déclare Mandela qui est condamné avec sept compagnons à la prison à vie. Il passe 17 ans à la prison del'île de Robben au large du Cap, où il attrape la tuberculose. 
Il est transféré en 1982 à la prison Pollsmoor. Au cours de ses années de détention, il refusera toujours sa libération contre le renoncement public à la lutte contre l'apartheid. 
En 1986, commence toute une série de rencontres avec les autorités, jusqu'à celle avec le président Pieter Botha en personne, le 5 juillet 1989. 
A partir de 1988, il avait été placé en résidence surveillée, aux abords de la prison Victor Verster de Paarl. 
La liberté arrive enfin le 11 février 1990. L'ANC et le Parti communiste sont légalisés. Mandela aura passé 27 ans et 190 jours en détention. 
Il est élu président de l'ANC en 1991, reçoit le prix Nobel de la paix conjointement avec le président De Klerk en 1993. 
Il devient le premier président noir élu par le Parlement après les élections générales multiraciales et pluralistes du 27 avril 1994 remportées à une écrasante majorité par l'ANC. Il est investi "président" le 10 mai de cette même année devant un parterre de 150 000 personnes et 5 000 invités dont 42 chefs d'État. 
Il quitte la présidence de l'ANC en 1997 pour mettre sur orbite celui qui sera son successeur à la tête de l'Etat en 1999, Thabo Mbeki
Déchargé de fonction politique, il crée en 1999 la Fondation Nelson Mandela. Mais il gardera sa verve et sa pertinence, même retiré des affaires officielles. En janvier 2003, dans un discours au International Women's Forum, il s'oppose fermement à l'attaque des États-Unis et du Royaume-Uni contre l'Irak sans l'aval des Nations unies, accusant George W. Bush de vouloir "plonger le monde dans l'holocauste". 
Après avoir annoncé publiquement le 6 janvier 2005 le décès des suites du sida de son fils (Makgatho Mandela à l'âge de 54 ans), il se lance dans la lutte contre cette maladie : "Nous ne devons pas dissimuler la cause de la mort des membres de nos familles, que nous respectons, car c'est le seul moyen de pouvoir faire comprendre à la population que le Sida est une maladie ordinaire. C'est pourquoi nous vous avons aujourd'hui fait venir pour annoncer que mon fils était mort du Sida", déclara-t-il. Par ce geste, il veut montrer qu'il est temps de briser le tabou qui entoure cette maladie dans de nombreux pays. 

Une vie privée tout aussi mouvementée 


Jeune homme, il s'écarte de sa famille pour refuser un mariage "arrangé". En 1947, il épouse Évelyne Mase, avec qui il aura une fille (Makaziwe) et deux fils (Thembi et Makgatho, décédé du sida en 2005). 

Le 14 juin 1958, il se marie avec la fougueuse Winnie Madikisela. Emprisonnée pendant 18 mois en 1969, assignée à résidence en 1977, Winnie Mandela ne pouvait rencontrer son détenu de mari que deux fois par an à la prison de Robben Island. Pasionaria de la lutte anti-apartheid, elle eut des phrases qui sont restées célèbres : "un Boer, une balle" ou encore, pour légitimer le supplice du pneu enflammé autour du cou, supplice infligé aux "traîtres" à la cause anti-apartheid : "Avec nos boîtes d'allumettes et nos pneus enflammés, nous libérerons ce pays". C'est elle qui accueillera Mandela à sa sortie de prison mais ils se sépareront en 1992 (leur divorce sera prononcé en 1996). 
Le couple aura eu deux filles : Zenani (5 février 1959) et Zindziswa (1960). 
Mandela se rapproche alors de Graça Machel, la veuve du premier président du Mozambique voisin, Samora Machel. Ils se marient le 18 juillet 1998, le jour des 80 ans de Nelson Mandela, et sont pour l'heure toujours ensemble.
R-J Lique